Hypersensibles : les émotions exacerbées. Découvrir la nature physiologique de la haute sensibilité et prendre conscience, grâce à un accompagnement adapté, de son propre fonctionnement permet de faire la paix avec ce don autrefois empoisonné.

C’est un mot qui revient souvent au cabinet : « je suis hypersensible ».

Mais que recouvre ce mot ? Lorsque mes clients le prononcent, il implique une vulnérabilité, une impossibilité de se protéger d’émotions très, parfois trop intenses.

L’hypersensibilité n’est pas un simple trait de caractère qui nous rendrait particulièrement (ou trop aux yeux de certains) réactifs face aux évènements du quotidien. Les neurosciences nous apprennent que les personnes hypersensibles ont des caractéristiques physiologiques et biologiques qui font que leur cerveau fonctionne différemment.

Ainsi, l’hypersensibilité est tout d’abord une sensibilité nettement au-dessus de la moyenne au niveau sensoriel. D’ailleurs certains experts préfèrent la définition de « haute sensibilité », qui n’évoque pas de jugements moraux.

Pour comprendre, je vous propose de remonter brièvement à notre petite enfance.

Le bébé, à sa naissance, n’a aucune expérience de tout ce qui l’entoure dans le nouveau monde dans lequel il atterrit. Son cerveau reçoit chaque stimulus (son, odeur, goût, lumière, mais également mouvement, toucher…) sans pouvoir l’identifier ni s’en protéger.

Aussi, lorsque les stimuli sont trop nombreux ou trop intenses pour lui, c’est son système nerveux qui est « saturé » par ces sources qui lui deviennent par moments insupportables.
C’est alors que se déclenchent des crises de pleurs dont les parents peuvent ne pas percevoir la cause.

Avec l’expérience (au sens de répétition, de situation vécue), le cerveau de bébé peut se créer un catalogue sensoriel et ainsi apprendre au fur et à mesure à filtrer les stimuli (sensations) pour ne porter son attention que sur ce qui est utile pour lui à un moment donné. Il peut également anticiper certains évènements (un objet tombe, je sais qu’il fera un bruit) et ne plus en être destabilisé.

C’est cette intégration progressive (qui ne se termine tout de même que vers 25 ans) qui permet par exemple à la majorité des personnes de ne plus entendre les bruits autour d’eux lorsqu’ils sont concentré sur une tâche : en réalité, leurs oreilles les entendent bel et bien, mais leur cerveau filtre l’information pour leur efficacité et leur bien-être.

Chez les personnes hautement sensibles (qu’elles soient enfants ou adultes), ce « filtre » ne fonctionne pas de la même façon.
Il reste chez elles des stimuli que le cerveau ne « masque » pas.

Cette surstimulation peut être usante et irritante. La personne hautement sensible – qui n’a pas encore connaissance et conscience de son fonctionnement particulier – ne sait pas que les personnes autour d’elle ne vivent pas la même situation dans leur corps de la même façon, et ne sait pas pourquoi ses réactions sont aussi différentes.

Les autres personnes ne semblent pas partager son besoin de silence, ou bien être aussi dérangées par une odeur, ou encore par certaines lumières, par la foule, par la température… (la haute sensibilité peut avoir trait à un ou plusieurs sens).

Les émotions (les siennes comme celles des autres) sont également vécues avec une plus grande intensité.

Ne sachant pas que les autres peuvent tout ignorer de ses sensations et de ses besoins, ne se les expliquant pas elle-même et parfois n’en ayant pas conscience, la personne hautement sensible peut par moment ne plus pouvoir s’adapter à une situation.

Ces inconforts vécus à répétition et non pris en compte (par elle-même tout autant que par les autres) s’accumulent jusqu’à l’explosion émotionnelle : colère, tristesse, retrait…

Faire la paix avec la haute sensibilité

Découvrir la nature physiologique de l’hypersensibilité et prendre conscience, grâce à un accompagnement adapté, de son propre fonctionnement permet de faire la paix avec ce don autrefois empoisonné.

En sophrologie, par exemple, la personne hautement sensible pourra aller à la découverte de ses sensations sans jugement, dans un cadre sécurisé et sécurisant, et acquérir des compétences qui lui permettront, en autonomie, de mieux prendre conscience de ses besoins, donc de pouvoir y répondre. Pouvoir assumer sa différence en comprenant qu’elle ne se situe pas du tout sur le terrain de la morale ou des règles de politesse peut permettre de l’assumer et même de l’expliquer pour prendre sa juste place.

La sophrologie permettra à la personne hautement sensible d’aller à la rencontre de ses émotions, en l’aidant à les reconnaître et à les entendre avant qu’elle ne deviennent démesurées : en effet, ce sont nos émotions qui nous alertent sur nos besoins physiologiques et psychologiques, et savoir les écouter au moment où elle se manifestent dans notre corps nous permet de prendre soin de nous-mêmes.

« Vous n’êtes pas uniquement influencés par vos pensées ou vos émotions, mais aussi par l’état de votre corps. Par exemple, si vous n’avez pas dormi de la nuit, vous risquez d’être plus irritable le lendemain. Si vous avez faim, vous allez sûrement être plus en colère. Et si vous êtes stressés, vous allez probablement avoir tendance à imaginer le pire des scénarios. Mais vous n’allez peut-être pas faire le lien entre votre fatigue et votre irritabilité, et vous risquez plutôt de croire que c’est la faute à la personne qui vous irrite. » (Albert Moukheiber, psychologue clinicien, docteur en neurosciences cognitives)

Etre hautement sensible, le savoir et être en paix avec soi-même, c’est être une personne ayant une grande finesse d’analyse, une grande empathie, souvent une grande créativité : c’est pourquoi c’est un don et pour certains même un super-pouvoir.

Dans les séances de sophrologie, lorsque j’accompagne mes clients, je trouve qu’il est important de leur apporter également des informations concrètes et sérieuses qui vont nourrir leur savoir-faire en plus de leur savoir-être, afin qu’il puissent cheminer en autonomie et s’épanouir.

Pour en savoir plus

Que vous soyez hautement sensible ou pas, je vous conseille très chaudement d’écouter le podcast « Votre cerveau », proposé par Albert Moukheiber, disponible sur le site de Franceculture.fr ou bien sur votre application habituelle.

Si la questionne résonne pour vous, je vous conseille également le livre « Suis-je hypersensible ? » de Fabrice Midal.

Vous trouverez ici des renseignements concrets sur ce qu’induisent les hypersensibilités en fonction des sens concernés : https://www.bloghoptoys.fr/lhypersensibilite-quest-ce-cest

Et pour finir, vous pouvez vous procurer le numéro du magazine « Cerveau & Psycho » avec un dossier consacré à l’hypersensibilité ici : https://www.cerveauetpsycho.fr/sd/psychologie/cerveau-psycho-n0141-23269.php

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